Echos du CNHIM 2003, XXIV, 1           

Procédures, procédures...

Ce premier numéro 2003 traite de sujets peu “courants” :  la fludrocortisone, médicament sans AMM ayant le statut de “préparation”, utilisée comme traitement substitutif d’insuffisances surrénaliennes chroniques ; la maladie de Fabry - maladie rare - et son traitement par deux médicaments orphelins commercialisés actuellement, les agalsidases alfa et bêta ; et enfin, le valganciclovir, antiviral efficace par voie orale qui vient d’obtenir son AMM dans le traitement de la rétinite à cytomégalovirus chez le sidéen. Trois sujets donc peu “courants” dans le paysage thérapeutique actuel, rarement voire jamais traités dans la presse professionnelle (pour les deux premiers au moins), car concernant peu de patients et donnant donc lieu à peu de prescriptions.

Dans le numéro suivant (numéro 2 - 2003) nous traiterons, à l’inverse, d’une classe thérapeutique intéressant beaucoup de patients, il s’agit des coxibs. Cette nouvelle classe d’anti-inflammatoires est souvent évoquée dans la presse, et même très médiatisée. Son rapport bénéfice/risque mérite d’être examiné de près, réévalué, afin que chaque patient puisse en tirer tout le bénéfice dans le respect des coûts légitimement supportés par la collectivité.

Les numéros suivants traiteront des médicaments de l’hémophilie, des immunosuppresseurs dans les greffes, des thérapeutiques antiescarres…

Autant de sujets - inégaux quant au nombre de patients traités, quant aux types de pathologies concernées - que nous avons choisis sans aucune pression ni impératif extérieur quelconques, mais simplement en réponse aux besoins des professionnels de santé qui nous lisent, et font confiance à nos évaluations.

En effet, dans Dossier du CNHIM, nous ne considérons pas qu’il y ait de “petits” et de “grands sujets”, il n’y a que des évaluations utiles, nécessaires aux prescripteurs et aux dispensateurs. Il n'y a pas non plus plusieurs méthodes pour traiter l’information sur le médicament mais une que nous mettons donc en pratique pour chaque sujet. Elle nous donne le maximum de chances d’offrir un état des connaissances sur un sujet, d’approcher l’objectivité dans les évaluations thérapeutiques, en évitant surtout de privilégier l’opinion de tel ou tel.

Cette méthode s’appuie sur une analyse rigoureuse des essais publiés, de toutes les informations disponibles. Tel est l’impressionnant travail, méticuleux et laborieux, réalisé par les auteurs - toujours pharmaciens ou médecins “de terrain”, en exercice professionnel dans un établissement de santé - en collaboration avec le comité de rédaction, le secrétaire de rédaction et la rédactrice en chef. L’expérience est douloureuse pour les auteurs (peu d’auteurs la renouvelle d’ailleurs...), même s’ils la reconnaissent enrichissante et formatrice.

Ensuite interviennent les relectures par les membres du comité scientifique et celles des experts choisis en fonction de leurs compétences spécifiques. Relectures qui, en pratique, conduisent à de nouvelles analyses, de nouvelles évaluations et, au final, à une véritable réécriture de l’article.

C’est donc bien dans le respect de ces procédures d’analyse documentaire, d’écriture et de relectures multiples que se trouve le meilleur garant de l’objectivité recherchée. Et ce sont encore ces procédures de travail qui nous permettent finalement de fournir aux prescripteurs et aux dispensateurs un bilan actualisé des connaissances qui leur permettra de choisir, ou de ne pas choisir, telle thérapeutique, pour tel patient, d’évaluer le bénéfice à en tirer pour ce patient là en regard des risques encourus.

Marie Caroline HUSSON - Rédactrice en chef