Echos du CNHIM 2005, XXVI, 1           

Développer l’évaluation des études cliniques

Ce Dossier du CNHIM sur les statines me donne l’occasion de revenir sur les objectifs de la revue.

 

Principal objectif : évaluer un nouveau médicament, ou plus souvent les médicaments d’une même classe pharmacologique et/ou thérapeutique entre eux, sur la base des études cliniques publiées.

 

Celles qui nous intéressent avant tout sont les études menées après l’AMM, c’est à dire celles dont nous pouvons espérer qu’elles témoignent du bénéfice clinique obtenu « dans la vraie vie », comme il est d’usage de dire maintenant.

 

Faut-il rappeler quelques exemples, parmi les plus récents, de médicaments retirés du marché pour cause d’effets indésirables survenus dans les conditions « normales » d’utilisation :

 

 le rofécoxib (vioxx®) en septembre 2004 du fait d’un risque cardiovasculaire accru dans les traitements prolongés,

 la cérivastatine (staltor®, cholstat®) en août 2001 du fait de cas graves de rhabdomyolyses survenus en association avec des fibrates (gemfibrozil),

  la tacrine (cognex®) en mai 2004 (premières mesures de restrictions d’utilisation en 2000) du fait de sa toxicité hépatocellulaire.

 

C’est pourquoi nous avons décidé avec le comité de rédaction de mettre encore mieux en valeur les études post AMM accessibles, de développer davantage les conclusions CNHIM pour chaque étude en faisant ressortir ses points forts et ses biais éventuels, de sorte à éclairer encore plus le lecteur sur le réel rapport risque/bénéfice pour le patient.

 

En sachant que les biais de publication - études négatives non publiées, validité d’études commandées et financées par les laboratoires - imposent toujours la plus grande prudence et vigilance pour les professionnels de santé qui utilisent le médicament.

 

Marie Caroline HUSSON - Rédactrice en chef Dossier du CNHIM

Notre collègue François GIMENEZ est décédé le 14 janvier dernier.

Praticien hospitalier (à l’hôpital Necker, AP-HP, depuis 1998) et Professeur de pharmacie clinique à Paris XI (nommé en 2002), il fut un fidèle compagnon du CNHIM pendant de nombreuses années. Défenseur d’une information objective, scientifique, indépendante de tout groupe de pression, au sein du comité de rédaction de la revue Dossier du CNHIM, libre de tout esprit de chapelle au conseil d’administration du CNHIM, disponible, généreux et sincère à chaque rencontre, c’est bien plus qu’un collègue que nous avons perdu, un être cher.

 

Marie Caroline HUSSON