Echos du CNHIM 2007, XXVIII, 6             

Migraine : stratégies thérapeutiques

 

Eptacog alpha, rFVIIa, Novoseven : utilisation en traumatologie

 

Pour une information libre et responsable

 

 

Depuis quelques mois, le débat sur la qualité de l’information relative au médicament, et plus largement aux produits de santé, revient à la une de l’actualité pour les professionnels de santé.

Que ce soit dans le rapport annuel de la cour des comptes, ou dans le plus récent rapport de l’IGAS, une attention critique est portée sur le rôle de la visite médicale, le fonctionnement des comités du médicament, le libre choix de la base de données intégrée dans les logiciels d’aide à la prescription et à la dispensation des produits de santé, les bases de connaissances et les contrats de bon usage, les rôles respectifs de l’HAS, de l’AFSSaPS et des organismes payeurs (assurance maladie et mutuelles) en matière d’information.

 

Le sujet n’est pas polémique : il est basique.

Le principe de la liberté d’informer constitue l’un des piliers de toute société démocratique.

 

De plus, pour certaines catégories de produits ou de services, le producteur notamment a une obligation d’information, qui doit être distincte de ses activités de promotion.

En pratique de nombreux acteurs du monde de la santé, marchands ou institutionnels, s’approprient ce rôle de diffuseur d’information, mais

 

 fournissent-ils une information exhaustive, comparative, utile et adaptée, structurée en vue de tris opérationnels et exploitable dans les systèmes d’information, interopérable et communiquante sur divers supports ?

 

 Comment sélectionnent-ils l’information et quelles sont les influences susceptibles d’interférer sur leurs choix éditoriaux ?

 

 N’est-il pas sain que les prescripteurs, les dispensateurs et les malades puissent disposer de leurs propres sources de données ?

 

 N’y aurait-il pas enfin un risque majeur pour l’optimisation des thérapeutiques dispensées aux malades, si la diversité des sources d’information n’était pas conservée ?

 

Poser ces questions, c’est y répondre.

 

L’expérience de la base THERIAQUE® : un cas d’école éloquent

 

Le 3 août 2007 le CNHIM1 a choisi de quitter le GIE-SIPS dans lequel il était associé aux trois caisses d’assurance maladie depuis le 1er janvier 2004, car il a constaté, à ses dépens, que la liberté éditoriale de la base THERIAQUE®2 était attaquée. De nouvelles orientations, incompatibles avec le principe de la liberté éditoriale que le CNHIM défendait depuis plus de vingt ans, lui ont en effet été imposées par l’Assurance maladie au prétexte que celle-ci était le financeur majoritaire de la base THERIAQUE®.

Comme d’autres avant lui, le CNHIM a considéré que la production et la diffusion d’une information libre et responsable était à ce prix.

Certes l’indépendance vis-à-vis des entreprises du médicament est un critère nécessaire, mais il n’est pas suffisant.

Dans le contexte actuel il est  plus que légitime de s’interroger sur le degré de compatibilité qui existe entre la mission d’informer, en produisant notamment une base de données intégrable dans les logiciels de prescription/dispensation, et celle de rembourser les dépenses d’assurance maladie.

 

1- www.cnhim.org

2- www.theriaque.org