Echos du CNHIM 2009, XXX, 3     

Zone de Texte:

Malaise

 

On a déjà tout dit sur l’ambiguïté de l’information thérapeutique avec ses différentes composantes - production de connaissances, formation des professionnels, informations d’usage, promotion des produits…- diffusée par les entreprises du médicament.

L’Etat-régulateur a tenté de réagir, par toute une série de moyens, pour encadrer ces différentes démarches; mais il s’est montré impuissant à dompter ce dynamisme. Il s’est partiellement dégagé de sa mission en confiant à l’Assurance Maladie un objectif, inverse et symétrique, d’information des professionnels de santé.

 

L’Etat a-t-il eu raison de se défausser et est-ce le rôle d’un assureur d’imposer sa vision de l’information thérapeutique ?

 

Si l’on conçoit que l’assurance maladie se fasse le promoteur de bonnes pratiques de soins dans l’intérêt du malade, en évaluant la qualité de la prestation au  regard du financement qu’elle assure, on doit s’interroger sur le rôle qu’elle revendique dans le domaine de l’information thérapeutique, eu égard aux motifs qu’elle poursuit qui sont essentiellement économiques.

 

Dans une période où tout le monde s’accorde à vouloir encadrer la visite médicale, l’assurance maladie met en place des bataillons de « visiteurs médicaux », les DAM (délégués de l’assurance maladie), destinés à communiquer auprès des professionnels de santé, aujourd’hui sur les médicaments génériques, demain sur d’autres thèmes... Ces DAM ont une mission de promotion de messages ciblés ; ils sont aussi un vecteur de remontée d’informations sur les pratiques de prescription et de distribution, ainsi que d’autres informations intéressant l’assurance maladie.

 

Trois questions viennent à  l’esprit :

1. peut-on être juge et partie ?

2. doit-on guérir le mal par le mal ?

3. en terme de santé publique, la surconsommation de médicaments a-t-elle diminué en France ?

 

Plutôt que de se vanter d’un taux de la pénétration du générique à 82 % dans la consommation des médicaments, la vraie question n’est-elle pas : « quid du bon usage et de la diminution de la iatrogénie des médicaments ? »

Ne vaut-il pas mieux privilégier la démarche active d’accès à la connaissance que la promotion de messages communicationnels subis ou jetés en fonction des circonstances (Cf. « un antibiotique, c’est pas automatique ! »). Ces méthodes qui infantilisent les professionnels de santé, font partie des griefs plus ou moins inconscients responsables du malaise généralisé qu’ils ressentent dans la période actuelle.

 

L’information exhaustive et indépendante de tout conflit d’intérêts demeure le parent pauvre de notre système de santé. Elle constitue pourtant un enjeu majeur et doit rester la référence à laquelle tous les professionnels de santé peuvent se fier, sans devoir s’interroger en permanence sur les motivations et les intérêts des producteurs ou des assureurs.

 

A défaut de l’Etat qui a botté en touche, quelle institution peut dorénavant exercer légitimement cette mission d’intérêt général ?

 

Bernard CERTAIN

Vice Président du CNHIM

Hôpital de Bicêtre-78 rue du Général Leclerc - BP11

94272 LE KREMLIN BICETRE Cedex

Tél : 01 46 58 07 16 - Fax : 01 46 72 94 56 - Email : secretariatcnhim@wanadoo.fr

Centre National Hospitalier d’Information sur le Médicament

Président du  CNHIM:

Xavier DODE

 

Rédactrice en chef du site:

Marie-Caroline HUSSON

 

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