ECHOS DU CNHIM

 

Bernard Certain

 

Information médicopharmaceutique et conflits d’intérêt : pour un changement de modèle

 

Il serait vain de vouloir éradiquer de nos sociétés le conflit d’intérêt, mais celui-ci devient transgressif lorsqu’il est anonyme ou masqué, car il mine la confiance dans la communication.

 

A moins qu’elle ne soit mensongère, la communication qu’elle soit information-produit ou promotion-produit, ou comparaison-produit,… est tout à fait légitime dès lors qu’on en connaît le motif et la source (de financement) : on sait alors qu’il s’agit d’une publicité (comme l’affichent certains organes de presse à la fin d’articles de publicité rédactionnelle) et non d’une information stricte complète. Cela est particulièrement vrai de l’information médicale.

 

Ce qui n’est pas tolérable, c’est la publicité masquée derrière une communication supposée neutre, soit parce qu’elle n’est pas exhaustive, notamment sur les effets indésirables et les non-indications, soit parce qu’elle mixe de la promotion à de l’information scientifique, sous couvert d’information institutionnelle.

 

Et on voit mal comment les entreprises de santé ou les organismes de financement de la santé, pourraient échapper à ce dilemme. Les budgets consacrés à cette publicité masquée sont considérables et leurs moyens mis en œuvre ne sont pas tous conformes à l‘intérêt de la santé de nos concitoyens, c’est le moins que l’on puisse dire.

 

Ainsi la parution du décret du 22 mai 2013, sur la transparence des liens d’intérêt, constitue-t-elle une avancée importante dans la prise de conscience par notre communauté nationale des excès commis au nom de la bonne conscience.

Les constats sont sévères :

- la formation universitaire et la formation continue sont insuffisantes,

- le financement institutionnel de la recherche ne permet pas de conduire des programmes essentiels,

- nombre d’organismes sans but lucratif ou d’utilité publique seraient sans ressources,

- l’Etat ne remplit pas, ou plus, son rôle régalien dans de nombreux domaines, notamment l’information médicale, ouvrant ainsi la porte à diverses ‘solutions’ de substitution…

 

Cet état de fait nuisible sera difficile et long à éradiquer. L’obligation de déclarer le donateur et le bénéficiaire correspond à un premier pas dans le bon sens puisqu’elle n’interdit pas, mais oblige à la transparence en rendant public le service rendu.

Il faut inverser cette logique perverse qui s’est développée pendant des dizaines d’années en réorientant ces flux financiers au service d’une information exhaustive et neutre, adaptée aux acteurs qu’ils soient professionnels de santé ou malades, dont les sources seront clairement identifiables et les objectifs connus.

 

L’expérience démontre qu’il est nécessaire d’établir une frontière reconnue entre la promotion et l’information. Seule cette méthode permettra un meilleur usage du médicament, une juste appréciation des effets indésirables et une évaluation comparative.

 

En d’autres termes, cela signifie que la production et la diffusion de l’information médicale doivent relever d’organismes indépendants, spécialisés dans ce domaine, dont le modèle économique repose sur le service rendu, et non plus sur la promotion, en répondant à un code éthique éliminant tout risque de conflit d’intérêt.

 

 

 

 

96, rue Didot-CS 91425

75993 PARIS  Cedex 14

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Centre National Hospitalier d’Information sur le Médicament

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Xavier DODE

 

Rédactrice en chef du site:

Marie-Caroline HUSSON

 

 

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