Editorial 2004, XXV, 2             

 

Prise en charge médicamenteuse de l’ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie généralisée du squelette caractérisée par des altérations qualitatives du tissu osseux (trouble de la micro-architecture osseuse, anomalie du remodelage osseux, anomalie de la minéralisation osseuse et présence de micro-fissures) associée à une diminution de la masse osseuse. Ces différents éléments concourent à la constitution d’une fragilité osseuse elle-même à l’origine d’une augmentation du risque fracturaire. L’ostéoporose est la maladie osseuse métabolique la plus fréquente. Elle touche 40 % de la population féminine de plus de 50 ans et concerne, dans cette même tranche d’âge, 13 % des hommes.

Il s’agit d’une pathologie grave, source de handicap important. Ceci a particulièrement été bien démontré pour les fractures vertébrales ainsi que les fractures de hanche, deux des trois principales fractures ostéoporotiques. En outre, certaines des fractures ostéoporotiques sont à l’origine d’une surmortalité. Ceci est connu de longue date en ce qui concerne les fractures de hanche. Celle-ci est rapide (dans les six mois qui suivent la fracture). Cinq ans après la survenue d’une fracture de hanche le taux de décès est de 20 %. Des données plus récentes suggèrent également que les fractures vertébrales sont associées à une surmortalité par le biais de mécanismes inconnus. Toujours à l’issue d’un délai comparable (cinq ans), celle-ci est de 20 % par rapport à la mortalité attendue compte tenu de l’âge de la population étudiée.

Malgré l’ensemble de ces éléments, il est unanimement reconnu et constaté que le diagnostic d’ostéoporose est porté largement par défaut. Ceci apparaît d’autant plus dommageable que nous disposons actuellement de médicaments efficaces susceptibles de réduire dans des proportions importantes le risque fracturaire. Ces médicaments sont actuellement représentés par le traitement hormonal substitutif dont le rapport bénéfice-risque est, au vu des dernières données de la littérature, largement remis en cause, les modulateurs sélectifs du récepteur des estrogènes (SERMs des anglo-saxons) et enfin les bisphosphonates.

Ce dossier très complet du CNHIM permet après un rappel circonstancié concernant la physiopathogénie ainsi que l’épidémiologie de l’ostéoporose, d’éclairer les pharmaciens hospitaliers sur les preuves scientifiques concernant l’efficacité des thérapeutiques anti-ostéoporotiques. Il s’agit d’un recueil exhaustif qui permet au mieux de comprendre les avantages et inconvénients respectifs des différentes molécules disponibles. Ce dossier compte tenu de ce qui est mentionné précédemment, est en mesure d’intéresser de nombreux autres acteurs de santé et notamment les médecins spécialistes qui s’intéressent à l’ostéoporose (tout particulièrement les rhumatologues mais également les internes en formation, les endocrinologues, les orthopédistes, les gériatres mais aussi les médecins généralistes).

Puisse ce document être utile aux différents acteurs précédemment mentionnés pour éclairer leur choix dans le domaine thérapeutique.

Bernard CORTET PU-PH, Centre André Verhaeghe - Service de rhumatologie -  CHRU Lille 

Pr Bernard CORTET