Editoriaux 2017, XXXVIII, 3

EDITORIAL

 

Hypodermoclyse : utilisations thérapeutiques

 

Dr Patrick KARCHER

Praticien Hospitalier

Pôle de Gériatrie.

Hôpitaux Universitaires de Strasbourg

 

La voie sous-cutanée en gériatrie et soins palliatifs, une voie indispensable qui doit encore faire ses preuves

 

L’exercice de la gériatrie, comme des soins palliatifs, conduit à se confronter régulièrement aux limites : limite de la vie, bien sûr, mais aussi limites à la mise en œuvre des traitements du fait de la fragilité et de dépendances lourdes de certains de nos malades (difficultés à avaler, troubles cognitifs ou psychiatriques avec état d’agitation , voies d’abord veineux de mauvaise qualité…) , enfin limitations de soins pour le respect des souhaits et/ou de la qualité de vie des personnes soignées.

 

Pour gérer ces difficultés, il faut souvent faire preuve de créativité, parfois avoir recours à des détournements d’usage (lorsqu’on utilise par exemple un médicament pour ses effets indésirables comme c’est le cas pour la scopolamine dans l’encombrement laryngé), être occasionnellement transgressif avec la loi et le bon usage des médicaments (lors de l’utilisation de médicaments hors AMM).

 

La voie sous-cutanée fait partie des pratiques alternatives devenues indispensables tant en gériatrie qu’en soins palliatifs. Son utilisation est certes ancienne, remontant à l’invention de la seringue à la moitié du 19ème siècle par Pravaz en France et Wood en Grande Bretagne et à l’injection de morphine par cette voie. Mais sa renaissance et sa large diffusion datent des années 1980 avec le développement de la spécialité gériatrique et des unités de soins palliatifs.

 

La banalisation de la pratique d’hydratation par voie sous cutanée notamment dans les établissements médico-sociaux semblerait valider de fait son efficacité dans la prévention de la déshydratation et le traitement de la déshydratation légère, alors que les études restent peu nombreuses.

Le problème se complexifie encore pour l’usage de médicaments par cette voie. De multiples listes de médicaments éligibles à l’administration sous-cutanée circulent, peu contrôlées, mêlant parfois des médicaments ayant l’AMM à d’autres utilisés selon la seule expérience du rédacteur de la liste… On ressort toujours déçu et frustré de ce type de lecture reflétant la faiblesse du niveau de preuves soutenant ces pratiques.

 

C’est ce qui fait tout l’intérêt de la synthèse réalisée dans ce numéro du Dossier du CNHIM qui permet d’avoir une vision actualisée et complète de l’utilisation de la voie sous-cutanée. Elle trace en creux le travail qui reste à faire sur les nombreux médicaments utilisés quotidiennement avec un sentiment d’efficacité.

 

On ne peut donc que réitérer l’une des recommandations du Livre blanc de la Gériatrie française publié en 2004 : « convaincre les entreprises du médicament de la nécessité d’études spécifiquement dévolues aux sujets très âgés » [1] notamment en terme de galénique comme le souligne également le rapport Verger de 2013 sur la politique des médicaments en EHPAD [2].

 

Références bibliographiques

[1] Jeandel C, Bonnel M. Livre blanc de la Gériatrie française. Ed SEPEG International 2004 p.12

[2] Verger Ph. La politique du médicament en EHPAD, rapport réalisé à la demande du ministère des Affaires Sociales et de la Santé, p 66 ; disponible sur : social-sante.gouv.fr/IMG/ pdf/Rapport_Politiquedu_medicament_en_EHPAD_final.pdf (dernière consultation le 15/05/2017)

 

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