Editorial 2013, XXXIV, 1

 

EDITORIAL

 

Pr. Georges Philippe Pageaux

Service d'Hépato gastro-entérologie A et transplantation hépatique

CHU Saint Eloi, Montpellier 34295

Vers une éradication de l’hépatite chronique C

 

Le traitement de l’hépatite C repose depuis plus de 10 ans sur l’association interféron pégylé alpha et ribavirine. Il permet de guérir environ 40% des malades de génotype 1, et jusqu’à 80% des malades de génotype 2. Ce taux pendant longtemps n’a pas augmenté de manière très significative malgré toutes les mesures d’optimisation thérapeutique, qu’il s’agisse de l’augmentation des doses et des durées de traitement, de l’optimisation de l’observance, de la gestion des effets indésirables.

 

Depuis un peu plus d’un an, deux inhibiteurs de protéase de première génération, le télaprévir (IncivoÒ) et le bocéprévir (VictrelisÒ), qui possèdent une activité virale puissante uniquement sur le virus de l’hépatite C de génotype 1, sont disponibles sur le marché français. Associés à la bithérapie standard - interféron pégylé alpha et ribavirine -, ils permettent d’obtenir chez les malades naïfs de traitement, un taux de guérison de 70%. Ces taux sont de même ampleur chez les malades rechuteurs à une bithérapie précédente, et de 30 à 50% chez les non répondeurs. Dans certaines situations de réponse virale précoce, un traitement court de 24 à 28 semaines peut être proposé.

 

Dans l’article de ce numéro de Dossier du CNHIM, les auteurs font une revue extrêmement complète des stratégies thérapeutiques utilisées actuellement chez les malades porteurs d’une hépatite chronique C, en mettant l’accent sur les malades de génotype 1. Ils insistent sur les progrès spectaculaires apportés par ces deux nouveaux médicaments – télaprévir et bocéprévir - sans occulter les difficultés pratiques liées à leur utilisation ; leur coût est par ailleurs très élevé. Ils détaillent notamment les problèmes de tolérance, en particulier sur le plan hématologique et cutané, qui sont parfois plus difficiles à gérer en tri qu’en bithérapie, et les interactions médicamenteuses possibles avec ces inhibiteurs de protéase de première génération.

 

Ils ouvrent également la discussion de l’arrivée prochaine des médicaments dits de 2e génération, qu’il s’agisse d’inhibiteurs de protéase, d’inhibiteurs de polymérase, ou anti-NS5A. Les stratégies thérapeutiques combinant tous ces médicaments, avec ou sans interféron, permettent d’espérer une éradication de l’hépatite chronique C à l’horizon 2020.

 

Les choix thérapeutiques actuels sont guidés par la gravité de la maladie évaluée par le degré de fibrose et l’existence de co-morbidités qui accélèrent l’histoire naturelle de la maladie (consommation excessive d’alcool, co-infection par le VIH, insulinorésistance). On peut féliciter les auteurs pour l’exhaustivité de leur travail. Ce document s’ajoute aux textes de recommandations qui ont déjà été proposés par les sociétés savantes, notamment en France par l’Association Française pour l’Etude du Foie (1).

 

Références bibliographiques

 

1- Leroy V, Serfaty L, Bourlière M, Bronowicki JP, Delasalle P, Pariente A, et al. Protease inhibitor-based triple therapy in chronic hepatitis C: guidelines from the French Association for the Study of the Liver. Liver Int 2012 ; 32 : 1477-92.

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