DOSSIER DU CNHIM XXXVI – 2

Editorial

 

Eradication de Helicobacter pylori : place de l’association bismuth – tétracycline – métronidazole

 

Dr Anne Courillon Mallet

Service Hépato-gastroentérologie

Centre Hospitalier de Villeneuve St Georges

94195 Villeneuve St Georges cedex

 

Traitements d’éradication de Helicobacter pylori : les recommandations doivent être adaptées à chaque pays et régulièrement actualisées

 

Helicobacter pylori (H. pylori) a été découvert en 1983. Son rôle dans la physiopathologie des ulcères gastroduodénaux et l’efficacité de l’éradication bactérienne comme seul traitement des ulcères ont été admis par tous au milieu des années 1990.

 

H pylori : un rôle carcinogène démontré

 

Plus récemment, la reconnaissance du rôle carcinogène de H. pylori a ravivé l’intérêt de la communauté médicale pour cette bactérie.

Il est maintenant démontré que la gastrite chronique due à H. pylori peut évoluer en plusieurs dizaines d’années vers l’atrophie muqueuse ou la métaplasie intestinale et finalement le cancer dans 1 cas sur 100.

L’importance de H. pylori comme carcinogène est majeure puisqu’on considère que sur les 989 000 cas de cancers gastriques recensés dans le monde en 2008, 770 000 pourraient être la conséquence de l’infection à H. pylori.

 

Dans les pays à forte incidence de cancer gastrique comme le Japon, la Corée ou la Chine, des campagnes d’éradication systématique sont proposées dans la population générale et leur efficacité sur la diminution de l’incidence du cancer sont soit démontrées, soit en cours d’évaluation.

Dans les pays à faible incidence de cancer gastrique comme la France, il n’est pas proposé de dépistage généralisé de l’infection mais seulement un dépistage ciblé chez des malades à haut risque comme par exemple les apparentés au premier degré de malades ayant un cancer de l’estomac, ou un dépistage plus large par la pratique de biopsies systématiques chez tout malade ayant une endoscopie gastrique.

 

Actualiser régulièrement les schémas théra-peutiques en fonction des résistances

 

L’autre nouveauté concernant l’infection est l’émergence de souches résistantes aux antibiotiques conduisant à revoir régulièrement les schémas thérapeutiques.

 

Dans les pays à forte prévalence de résistance aux macrolides comme la France, où la résistance primaire est de 25%, la trithérapie classique qui associait amoxicilline , clarithromycine et inhibiteur de la pompe à proton (IPP) double dose pendant 7 jours doit être abandonnée. Le taux d’éradication avec ce traitement est maintenant inférieur à 60%.

Il faut le remplacer par un traitement  séquentiel de 10 ou 14 jours (associant IPP double dose avec amoxicilline seule en première période puis avec clarithromycine -métronidazole en deuxième période) ou la quadrithérapie bismuthée (Pylera®).

 

Ces recommandations thérapeutiques doivent être adaptées à chaque pays, les résistances bactériennes sont en effet très variables d’un pays à l’autre même lorsqu’il s’agit de pays européens voisins.

 

Elles doivent aussi être régulièrement actualisées en fonction de l’évolution des résistances observées dans les laboratoires de référence.

Les recommandations thérapeutiques françaises de 2012 devraient donc être actualisées cette année.

 

 

 

 

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