Editorial 2012, XXXIII, 3

 

Docteur Dominique Hillaire-Buys

Département de pharmacologie médicale et toxicologie

Hôpital Lapeyronie

CHRU Montpellier

 

Diabète de type 2 : vers l'insulino-sécréteur idéal ?

 

Le traitement du diabète de type 2 est un enjeu de santé publique de plus en plus prégnant depuis ces 20 dernières années du fait d'une explosion de son incidence, en grande partie liée à "l'épidémie" de surpoids observée dans nos pays occidentaux. Les enjeux financiers subséquents sont majeurs tant pour les systèmes de protection sociale que pour la recherche et les laboratoires pharmaceutiques.

 

Deux objectifs thérapeutiques théoriques, non atteints

 

Les médicaments utilisés dans le diabète de type 2 doivent répondre à deux objectifs principaux :

- diminuer la morbi-mortalité surtout en ce qui concerne le risque cardiovasculaire

- et démontrer une "bonne" tolérance à court terme mais surtout à long terme, critère majeur pour l'observance d'un traitement dans une pathologie chronique.

 

Dans notre monde moderne plein de contradictions, nous répondons au premier objectif en mettant sur le marché dans cette indication des médicaments dont l'AMM repose sur un critère intermédiaire (baisse de l'HbA1c) dont la diminution n'est pas nécessairement synonyme de réduction du risque cardio-vasculaire.

 

La réponse positive au deuxième objectif est argumentée par des données de tolérance provenant d'études cliniques de durée le plus souvent inférieure à un an…

 

Analogues du GLP-1 et inhibiteurs des DPP-4 :

une activité insulino-sécrétrice de type « physiologique » assortie d’une capacité originale anti-hyperglucago-némique

 

Deux aspects remarquables différencient les analogues du GLP-1 et les inhibiteurs des DPP-4 des autres médicaments antihyperglycémiants : le plus important est leur activité insulino-sécrétrice dépendante du taux circulant de glucose. Cette propriété très physiologique en fait des médicaments plus proches de "l'insulino-sécréteur idéal", diminuant nettement le risque d'hypoglycémie.

Leur autre effet clinique assez "original" est leur capacité à diminuer l'hyperglucagonémie observée dans le diabète de type 2 et dont les conséquences hyperglycémiantes ont été longtemps minimisées par rapport aux défauts de l'insulinosécrétion et/ou à l'insulinorésistance.

 

Le rêve des diabétologues et des pharmacologues est- il en passe d'être réalisé ?

 

Halte là, pas si vite, nous avons une histoire récente, celle des agonistes des PPAR g (les glitazones), qui en moins de 15 ans sont passés du stade de rêve au cauchemar pour certains malades. Alors, tirons les leçons du passé afin de prescrire des médicaments utiles pour nos malades sans une prise excessive de risques... pour eux.

 

En attendant le jour relativement proche (en 2015) où nous devrions connaître (au moins en partie) les résultats d'essais cliniques "robustes" concernant leur réelle efficacité basée sur des critères forts de morbi-mortalité, je vous engage à lire avec attention cet article de Dossier du CNHIM, très complet. Vous pourrez alors mieux évaluer la balance bénéfice/risque de ces médicaments pour un malade donné, et mettre en place de façon proactive une surveillance adaptée à la fois de leur efficacité et de leur tolérance.

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