Editorial 2015, XXXVI, 4

Editorial

 

Dr Thierry Fontanges

Hépatogastroentérologue

 

CH Bourgoin–Jallieu (38300)

Le traitement de l’hépatite C en 2015 :

une vraie révolution

 

En moins d’une génération d’hépatologue, l’obscure hépatite non A non B « post-transfusionnelle » est devenue une infection liée à un virus C bien identifié car totalement séquencé.

 

Ainsi les progrès de la virologie ont permis de mettre au point des antiviraux directs (AVD) dont la cible est clairement identifiée et dont l’efficacité est impressionnante.

 

Dans cet article de la revue Dossier du CNHIM, les auteurs avec le comité de rédaction ont décliné toutes les options thérapeutiques, en commençant par l’association interféron et ribavirine qui a rendu service à nos malades pendant plus de 15 ans, mais avec les difficultés et les insuffisances qu’on lui connait. Ceci était vrai encore très récemment, mais les nouvelles recommandations de l’AFEF du 29 mai 2015 font oublier cette association.

 

L’ajout d’une anti-protéase de première génération a amélioré le taux de guérison virologique soutenue (RVS) mais au prix d’effets indésirables très importants.

Ces médicaments ne sont plus à l’ordre du jour.

 

Des associations maitrisées grâce à une bonne connaissance des mécanismes d’action

 

Nous disposons aujourd’hui d’armes thérapeutiques terriblement efficaces (haute barrière de résistance) pour certains AVD - notamment les anti NS5B - et d’une tolérance  remarquable.

Le maniement de ces traitements nécessite une connaissance approfondie des mécanismes d’action des médicaments, pour savoir s’il est possible de les associer, et tous ne sont pas pangénotypiques.

 

La décision thérapeutique impose de connaitre le génome viral, la sévérité de la maladie hépatique ou les conséquences extra-hépatiques du VHC, l’historique thérapeutique vis-à-vis du virus.

 

A partir de ces éléments, on dispose d’un panel de médicaments antiviraux dont le bon maniement nécessite de maitriser les limites et les interactions médicamenteuses avec les traitements habituels du malade.

La méconnaissance de ces données pourrait entrainer une moindre efficacité et des évènements indésirables potentiellement sévères. 

 

La ribavirine a encore sa place : avec cet antiviral un gain en termes de RVS est attendu chez les malades au stade de cirrhose. Si la ribavirine ne peut être utilisée, les AVD doivent être prescrits plus longtemps (24 semaines au lieu de 12 semaines).

 

Observance et suivi : deux paramètres essentiels

 

Une fois le choix effectué, la simplicité de ces traitements ne doit pas faire oublier l’importance de l’observance et du suivi des malades guéris ; en effet ‘guérison virologique’ ne signifie pas  forcément ‘guérison hépatique’, surtout lorsque la fibrose est sévère et/ou qu’il existe des comorbidités hépatiques  augmentant les risques de cancer du foie.

Il ne faut pas oublier non plus le risque de « recontamination » dans les populations actuelles de toxicomanes. L’éducation thérapeutique des malades est alors primordiale pour enrayer le réservoir épidémique.

 

On peut donc guérir définitivement cette maladie dans plus de 90% des situations !

Etonnant pour une maladie chronique, non ?  

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