Editoriaux 2008, XXIX, 5-6     

 

Un outil indispensable au pharmacien clinicien

 

Dr Fréderic PINGUET

Président de la SFPO ( Société Française de Pharmacie Oncologique)

 

La mise au point des premiers médicaments anticancéreux s’est faite de façon totalement empirique. Ces médicaments étaient non sélectifs, toxiques et principalement utilisés dans des situations palliatives. Aujourd’hui, les progrès formidables de la biologie moléculaire ont permis une caractérisation des anomalies moléculaires des cancers. De nombreuses cibles ont été découvertes, avec comme origine une signalisation de croissance excessive, une perte de signaux d’inhibition de croissance et d’apoptose, une angiogénèse tumorale persistante, une capacité à envahir les tissus…

 

Ces cibles sont à l’origine de la mise au point de molécules dont certaines sont déjà disponibles dans l’arsenal thérapeutique. La plupart se trouvent en évaluation au niveau préclinique et clinique. Alors que les premiers médicaments étaient utilisés après une caractérisation tumorale grossière, les nouveaux sont de plus en plus associés à la recherche de biomarqueurs prédictifs de l’efficacité. La compréhension des mécanismes impliqués dans la progression des tumeurs est devenue essentielle afin de bien utiliser ces médicaments à index thérapeutique étroit. L’utilisation des médicaments anticancéreux s’est donc colossalement complexifiée. C’est dans ce cadre nouveau que le rôle du pharmacien hospitalier cancérologue prend toute son importance. Il participe depuis plus de 20 ans maintenant à la prise en charge directe et au suivi des malades : réalisation des référentiels des médicaments anticancéreux, gestion des essais thérapeutiques, recherche appliquée (phamacogénétique, pharmacocinétique…), réunions de concertation entre les professionnels de santé, éducation thérapeutique, préparation des chimio-hérapies dans l’ensemble des structures impliquées…

 

La Société Française de Pharmacie Oncologique (SFPO) participe activement à cette implication du pharmacien hospitalier cancérologue, véritable pharmacien clinicien.

 

Nous avons besoin d’un document référent dans nos établissements. Le Dossier du CNHIM « Anticancéreux : utilisation pratique » est devenu cette référence au fil des éditions dans les services de soins et dans les pharmacies spécialisées. Je ne connais pas de service clinique où ce Dossier du CNHIM soit absent. Il est souvent le lien entre ces services et la pharmacie. En raison de découvertes importantes et de la mise sur le marché de nouveaux médicaments, cette nouvelle édition est attendue avec impatience. La responsabilité est forte pour les auteurs. Puisse ce document aider à la compréhension des motivations de la recherche, des démarches cliniques et thérapeutiques et faciliter ainsi les collaborations entre pharmaciens et cliniciens pour le bien des malades.

 

 

Pr Marie-Claude Saux

Présidente de la SFPC (Société Française de Pharmacie Clinique)

 

 

L'implication des pharmaciens hospitaliers et notamment des pharmaciens cliniciens dans le domaine de la cancérologie est majeure depuis le plan de mobilisation nationale pour vaincre le cancer 2003 - 2007, la publication des référentiels de bon usage et surtout la mise à disposition des médicaments issus des biotechnologies au potentiel thérapeutique important.

 

Les pharmaciens hospitaliers ont déjà beaucoup apporté dans la prise en charge des malades cancéreux. Ils se sont intégrés dans les équipes médicales en participant aux réunions de concertation pluridisciplinaires et en préparant les chimiothérapies des malades.

 

En effet dans le domaine de la pharmacotechnie, la préparation en unités centralisées, le respect des bonnes pratiques de fabrication, les contrôles effectués sur les produits finis sont autant de gages de qualité et de sécurité des traitements prescrits.

 

Cette dernière édition de Dossier du CNHIM actualise l'administration et la manipulation des anticancéreux, traite des principes modernes de traitements et des thérapies ciblées et apporte des informations précieuses sur la stabilité des préparations magistrales. La connaissance des stabilités expertisées par les pharmaciens à partir de données bibliographiques voire d'études expérimentales apporte indéniablement à la qualité et à l'utilisation des chimiothérapies anticancéreuses.

 

Dans un domaine en perpétuelle évolution le CNHIM met à disposition des professionnels de santé un outil documentaire que le pharmacien clinicien notamment utilisera quotidiennement tant dans son activité technique que dans le cadre de la pluridisciplinarité médico-pharmaceutique mais aussi auprès des malades pour mieux gérer les éventuels effets indésirables et optimiser les thérapeutiques.

 

Pr Dominique Maraninchi

Président de l’INCa (Institut National du Cancer)

 

Le cancer en France en 2008

 

Chaque année en France, 320 000 personnes rencontrent le cancer, il s'agit un peu plus souvent d'hommes que de femmes. Depuis 1980, ce chiffre a presque doublé et il faut s'attendre à ce qu'il continue à augmenter dans les décennies qui viennent.

Durant la même période, le risque de mortalité par cancer a diminué d'un quart.

Ce qui n'a pas empêché le cancer de passer, depuis 2004, en tête des causes de mortalité avec plus de 152 000 décès sur les 510 000 décès toutes causes confondues.

Ceci s'explique par une baisse plus importante de la mortalité par maladies cardio-vasculaires (-15,6 % entre 2000 et 2004) que par cancers (-5 %).

 

Cette évolution divergente entre les courbes d'incidence et de mortalité se traduit par un nombre croissant de personnes vivant avec un cancer.

Simultanément, on observe un allongement de la survie après un cancer. Ainsi, le taux de survie à 5 ans après un cancer colorectal est, pour femmes françaises, le meilleur au monde *, soit 61,5 %. Les taux de survie figurent également parmi les premiers pour le cancer colorectal chez l'homme (55,6 %), le cancer du sein (79,8 %) ou de la prostate (73,7 %).

 

Ces évolutions plutôt favorables s'expliquent par les progrès récemment enregistrés dans de nombreux domaines. Celui, tout d'abord, des connaissances des mécanismes impliqués dans la genèse des cancers, et notamment des altérations génétiques liées à certains cancers. L'amélioration des techniques diagnostiques et notamment l'identification de biomarqueurs et la mise au point de nouvelles molécules permettent des traitements mieux adaptés au profil de chaque malade.

Elles sont également liées à l'amélioration des diagnostics précoces ainsi qu'à la qualité du système de soins qui permet, entre autres, un égal accès pour tous les malades aux médicaments innovants et coûteux, quel que soit l'établissement dans lequel ils sont pris en charge.

 

De nombreux médicaments anticancéreux figurent, en effet, sur la liste des médicaments dits "hors GHS" qui, depuis la mise en place de la tarification à l'activité, sont remboursés aux établissements dans le cadre des contrats de bon usage.

 

Leur prescription ne rencontre donc pas d'obstacle financier, à condition de s'inscrire dans le cadre du "bon usage".

Dans ce contexte, des protocoles thérapeutiques temporaires sont acceptés en sus de l'AMM et ils font l'objet de référentiels spécifiques.

L'Institut National du Cancer a été chargé, en accord avec l'AFSSAPS et la HAS, de les rédiger selon une méthodologie commune entre l'INCa, l'AFSSAPS et la HAS.

Ils prennent en compte les données de la littérature et s'appuient sur l'expertise des spécialistes. Plusieurs référentiels sont déjà disponibles sur le site de l'INCa www.e-cancer.fr, ils concernent les cancers digestifs, les cancers pulmonaires ainsi que les cancers du sein.

 

Cette sixième édition du Dossier du CNHIM consacré aux "anticancéreux" participe au même objectif de qualité en rassemblant les données scientifiques actualisées et consensuelles sur ces médicaments.

 

 

Etude CONCORD. The Lancet Oncology. Août 2008.

 

 

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