Résumé 2003, XXIV, 1             

Agalsidases (alfa, bêta) dans le traitement de la maladie de Fabry

La maladie de Fabry est une maladie rare. C’est une maladie lysosomale due à un déficit en alpha-galactosidase A. Il en résulte une accumulation de glycosphingolipides, notamment le globotriasocylcéramide (Gb3 ou Gl3) surtout dans les lysosomes de l’endothélium vasculaire, les muscles lisses, et l’épithélium des principaux organes.

La transmission de la maladie de Fabry est héréditaire. Le gène de l’alpha-galactosidase A est porté sur le bras long du chromosome X. Les femmes vectrices de la maladie l’expriment de façon variable. Un patient atteint de la forme classique de la maladie de Fabry possède une enzyme non fonctionnelle dont l’activité enzymatique est indétectable. Cependant, il existe des variants atypiques, notamment le " variant cardiaque " caractérisé par une hypertrophie ventriculaire gauche, qui possèdent une activité enzymatique résiduelle.

Les premiers symptômes - crises de douleurs, paresthésies, angiokératomes, hypohidrose et opacités cornéennes - peuvent apparaître dans l’enfance ou l’adolescence. À l’âge adulte surviennent la protéinurie et l’insuffisance rénale. La mortalité la plus importante est due aux complications cérébrovasculaires et cardiovasculaires.

Les données chiffrées d’incidence sont variables. Le diagnostic de la maladie de Fabry (par dosage de l’activité enzymatique de l’alpha-galactosidase A, ou par recherche génétique) est tardif.

Le suivi des patients impose un traitement symptomatologique. Les paresthésies sont traitées par la carbamazépine et la phénytoïne. Les complications cardiovasculaires et cérébrovasculaires nécessitent un traitement de l’hypertension, une prévention des complications et une surveillance particulière du patient. Les complications rénales peuvent obliger à une transplantation rénale.

L’agalsidase alfa (replagal®) et l’agalsidase bêta (fabrazyme®) sont des enzymes recombinantes. Les deux ont la structure protéique de l’alpha-galactosidase humaine.

Elles pénètrent dans les cellules jusqu’aux lysosomes par endocytose médiée par les récepteurs au mannose-6-phosphate.

Les deux médicaments sont indiqués comme traitement enzymatique substitutif à long terme lorsque le diagnostic médical a permis de confirmer la présence de la maladie de Fabry. Ils constituent une avancée thérapeutique et un nouvel espoir pour les patients. L’utilisation et l’efficacité à long terme doivent  encore être évaluées.

Par ailleurs, il faut rester vigilant face aux réactions allergiques et voir si elles ne vont pas limiter les possibilités de traitement à long terme.

Mots clés : agalsidase, alpha-galactosidase A, globotriasocylcéramide, glycosphingolipides, maladie de Fabry, médicament orphelin.