Résumé 2005, XXVI, 1             

Statines et prévention des risques cardiovasculaires

L’athérosclérose représente la première cause de mortalité au niveau mondial. Le processus athérosclérotique résulte de multiples facteurs de risque (tabac, alimentation, génétique, hypertension), et notamment de la présence de dyslipidémies. Celles-ci sont soit primitives, dues à des anomalies du métabolisme des lipoprotéines, soit secondaires, consécutives à une pathologie ou à un effet iatrogène médicamenteux. Ces dyslipidémies sont caractérisées par l’augmentation des concentrations de LDL-C (low density lipoproteins cholesterol ou lipoprotéines de basse densité-cholestérol) sérique. Le LDL-C est un indicateur de risque majeur de l’athérosclérose.


L’athérosclérose résulte de la formation de plaques d’athérome, c’est à dire de plaques fibro-lipidiques calcifiées dont la rupture entraîne des accidents thrombotiques aigus.


Les statines ou inhibiteurs de l’hydroxy-méthyl-glutaryl coenzyme A (HMGCoA) permettent de diminuer la concentration de LDL-C sérique.


L’analogie structurale des statines avec l’HMG-CoA induit une inhibition compétitive de l’HMG-CoA réductase, enzyme intervenant dans la synthèse intracellulaire du cholestérol, ce qui explique la diminution du LDL-C observée.

 
Les statines possèdent aussi des effets pléiotropes (antithrombotiques, anti-inflammatoires) qui pourraient contribuer à leur efficacité dans la prévention du risque athérosclérotique.
L’abaissement des concentrations sériques de LDL-C est le meilleur indicateur d’efficacité de la prévention cardiovasculaire par les hypolipémiants. Néanmoins, la prise en compte d’autres paramètres lipidiques, comme les concentrations du HDL-cholestérol et celles des triglycérides, est nécessaire.


Ainsi, les statines, qui diminuent le LDL-C et ont des effets potentiels anti-inflammatoires diminuent la genèse des plaques d’athérome.


Cinq statines sont commercialisées en France. Il s’agit de la simvastatine, la pravastatine, la fluvastatine, l’atorvastatine et la rosuvastatine. La cérivastatine a été retirée du marché en 2002 suite à des rhabdomyolyses sévères survenues dans des conditions d’utilisation particulières.


Les études cliniques ont établi qu’elles réduisaient la morbi-mortalité cardiovasculaire, parallèlement à une diminution des concentrations de LDL-C. Elles sont prescrites en prévention primaire ou secondaire dans les hypercholestérolémies.


Toutes les statines ont une efficacité équivalente lorsqu'elles sont utilisées à la posologie recommandée. Selon les études et le type de population étudiée, elles diffèrent par la diminution des concentrations de LDL-C et de CRP qu’elles entraînent, la progression de l’athérosclérose, le niveau de preuve de diminution de la morbi-mortalité versus une autre statine.

 
Les principales différences entre les statines sont liées aux risques d’interactions médicamenteuses.


En l’absence de modifications du mode de vie, le traitement par les statines n’a pas de raison d’être.

 



Mots clés : athérosclérose, atorvastatine, cholestérol, dyslipidémie, fluvastatine, HMG-CoA réductase, LDL-C, lipoprotéine, pravastatine, rosuvastatine, simvastatine, statine.