Résumé 2007, XXVIII, 2   

Maladie de Gaucher : Traitements actuels

 

Marie-Caroline HUSSON

Rédactrice en chef

La maladie de Gaucher est une maladie rare, orpheline. C’est une maladie de surcharge lysosomale d’origine génétique. Elle est due à un déficit en glucocérébrosidase, qui entraîne une accumulation de sphingolipides dans les lysosomes des macrophages du système réticuloendothélial, alors appelés cellules de Gaucher. L’atteinte est multiviscérale (rate, foie, sang, os, poumon, notamment).

L’incidence de cette maladie est comprise entre 1/30 000 et 1/50 000 avec une plus grande fréquence dans la population juive ashkénaze. La transmission se fait sur le mode autosomique récessif : plus de 300 mutations sont aujourd’hui recensées. Le degré de sévérité de la maladie dépend de nombreux facteurs.

On distingue 3 types de maladie de Gaucher en fonction de l’âge de découverte de la maladie et de la présence ou non d’atteinte neurologique.

Le type 1, forme classique de la maladie, se caractérise par l’absence de signes neurologiques, un début à tout âge, une expression clinique hétérogène ; les signes cliniques osseux sont responsables de la gravité. Le type 2 est la forme la plus sévère et la plus rare ; il s’agit d’une forme neurologique aiguë, d’évolution très rapide, caractérisée par une triade, strabisme, trismus et rétroflexion de la tête. Le type 3 est une forme rare avec une symptomatologie neurologique plus progressive que celle du type 2 ; il est divisé en 3 sous-types.

La symptomatologie est multiviscérale et varie selon les types de la maladie de Gaucher. Hépatomégalie et splénomégalie sont présentes dans tous les phénotypes ; les atteintes osseuses sont très invalidantes ; l’atteinte neurologique caractérise les types 2 et 3 ; il peut exister aussi des atteintes pulmonaires, cardiaques, rénales, des troubles de la pigmentation de la peau.

Le diagnostic repose en premier lieu sur la clinique, mais certains malades sont peu symptomatiques. La confirmation se fait par le dosage de la glucocérébrosidase dans les leucocytes circulants. D’autres examens ainsi qu’une étude génotypique seront utiles pour la prise en charge du malade.

Le traitement enzymatique substitutif (TES) a nettement réduit les indications de la splénectomie. L’alglucérase, Ceredase®, obtenue par extraction de tissu placentaire et glycosylée, a été remplacée par l’imiglucérase, Cerezyme®, obtenue par génie génétique, et aujourd’hui traitement de référence. La posologie de l’imiglucérase doit être adaptée à chaque malade en fonction des manifestations cliniques.

Enfin le miglustat Zavesca® agit par réduction du substrat, en inhibant la synthèse du glucocérébroside pour empêcher son accumulation dans les macrophages. Il est indiqué dans le traitement de la maladie de Gaucher de type 1 légère à modérée, lorsque le TES ne convient pas.

Un traitement spécifique de l’atteinte osseuse, souvent invalidante, doit être mis en place.

 

Mots clés : alglucérase, enzyme recombinante, Gaucher maladie, glucocérébrosidase déficit, imiglucérase, miglustat.