Résumé 2003, XXIV, 3-4         

Facteurs antihémophiliques: traitement substitutif de l'hémophilie A et B

L’hémophilie est une maladie hémorragique constitutionnelle à transmission récessive liée au sexe résultant d’un déficit en facteur VIII (FVIII) - hémophilie A - ou en facteur IX (FIX) -hémophilie B. Sa prise en charge repose sur une thérapeutique substitutive en facteurs antihémophiliques (FAH).

 

Ceux-ci comprennent : 

1) des facteurs VIII plasmatiques - MONOCLATE®, RECOMBINATE®, et plus récemment un FVIII d’origine plasmatique SD et doublement filtré 35-15 nm, FACTANE®,

2) des FVIII recombinants : le FVIII délété du domaine B, REFACTO® et le FVIII entier stabilisé par du saccharose, KOGENATE Bayer® / l’helixate NEXGEN®,

3) deux FIX plasmatiques, MONONINE® et BETAFACT®,

4) un premier FIX d’origine recombinante, BENEFIX®.

 

Les médicaments dérivés du sang (MDS) sont sous la responsabilité du pharmacien hospitalier.

Les FAH issus du fractionnement plasmatique sont soumis à l’obligation de traçabilité.
Bien que réglementairement non soumis à cette obligation, les FAH d’origine recombinante sont en pratique également tracés dans la plupart des établissements de santé.
Les Centres Régionaux de Traitement de l’Hémophilie (CRTH) ont pour mission la prise en charge globale du patient, l’enseignement, l’information, le conseil aux hémophiles et à leur famille.

 

Les FAH plasmatiques sont fabriqués à partir du plasma humain pour fractionnement (dons bénévoles de sang total homologue, aphérèse).

Les FAH recombinants sont obtenus par génie génétique.

Quelle que soit l’origine du FAH, plusieurs étapes de purification sont nécessaires.
Le risque infectieux - viral, agents transmissibles non conventionnels - demeure l’une des principales préoccupations et de nombreuses méthodes d’élimination et d’inactivation sont mises en œuvre. Les FAH produits par recombinaison génétique ont théoriquement une grande sécurité infectieuse. Des risques immunologiques existent également (réactions allergiques,  anticorps circulant).


Actuellement en France, le nombre d'hémophiles est estimé à 4500 patients environ dont environ 2000 hémophiles sévères.

Le diagnostic repose sur la mesure de l’activité antigénique. Le diagnostic génotypique est réservé aux formes sévères.

Seule la suspicion de formes sévères d’hémophilie peut justifier un diagnostic anténatal.
Les manifestations cliniques (hémarthroses, hématomes, hémorragies) sont fonction de l’intensité du déficit en facteur (sévère, modéré ou mineur) et non du type d’hémophilie.

Les FAH ont considérablement amélioré l’espérance et la qualité de vie des hémophiles.
Deux paramètres pharmacocinétiques sont essentiels à l’évaluation de l’efficacité du traitement : la demi-vie,  qui conditionne le délai entre 2 injections, et le taux de récupération c’est à dire le taux de FAH remis en circulation après injection. L’évaluation de la tolérance est surtout immunologique, l’apparition d’inhibiteurs du FVIII ou du
FIX étant l’une des complications les plus graves du traitement par FAH.

 

Les FVIII et IX sont indiqués dans la prophylaxie et le traitement des hémorragies chez les patients atteints d’ hémophilie A et B respectivement . La dose et la fréquence des injections (IV lentes) sont adaptées à chaque cas en fonction de l’efficacité clinique et de la concentration plasmatique de FAH. Ils sont contre-indiqués en cas d’hypersensibilité connue à l’un des composants. La stratégie thérapeutique varie en fonction des situations cliniques, selon que l’hémophile présente un inhibiteur ou non.

Éviter les saignements spontanés reste le critère clinique essentiel.


A l’exception des études descriptives de type coût de la maladie, peu d’analyses     pharmaco-économiques (coût-efficacité, coût-utilité, coût-bénéfice) relative à l’hémophilie sont disponibles.

 

Mots clés : anticorps, facteur VIII, benefix®, betafact®, factane®, facteur IX, hémophilie,   kogenate Bayer® /helixate nexgen®, monoclate®, mononine®, prion, recombinate®, refacto®, revue, virus.