Résumé 2005, XXVI, 4-5              

Médicaments radiopharmaceutiques : utilisation pratique,

2ème édition

Les médicaments radiopharmaceutiques utilisés dans les services de médecine nucléaire sont des médicaments contenant des radioéléments artificiels (REA), appelés radionucléides, employés à des fins diagnostiques ou thérapeutiques.


Ces radionucléides peuvent être utilisés soit sous une forme chimique très simple, soit liés à des vecteurs spécifiques d’un organe, d’une fonction physiologique ou d’une pathologie : molécules organiques, analogues de molécules biologiques, anticorps monoclonaux, particules (colloïdes, macroagrégats), cellules sanguines, etc. Ils se présentent soit sous forme de spécialités pharmaceutiques contenant des radionucléides, livrées prêtes à l’emploi, soit sous forme de préparations radiopharmaceutiques réalisées à partir de trousses, précurseurs, générateurs.


Leur spécificité en tant que médicament repose sur plusieurs propriétés :

 ils sont principalement utilisés à des fins diagnostiques mais également à des fins thérapeutiques,

   ils sont souvent administrés de façon unique et en petites quantités,

   les lots de fabrication sont de dimension restreinte,

 la durée d’utilisation du médicament peut être très courte (quelques minutes à quelques   jours) en raison de la période physique du radionucléide,

 ils se présentent sous la forme de sources non scellées, destinées à être administrées par voie veineuse, orale, respiratoire... à des activités variables selon l’utilisation, l’âge et le poids du patient.


Les actes diagnostiques (ou explorations scintigraphiques), utilisent des émetteurs de rayonnements g ou des émetteurs de rayonnements b et g dont l’énergie d’émission g est habituellement comprise entre 70 et 511 keV.

Leur pouvoir de pénétration élevé permet d’explorer en profondeur l’organisme. Par comptage externe de la radioactivité fixée par un organe, il est possible de réaliser des images numérisées, des courbes représentant le transit du médicament radiopharmaceutique dans cet organe, permettant ainsi d’étudier sa morphologie et surtout sa fonctionnalité. La plupart des organes peuvent faire l’objet d’une exploration scintigraphique (squelette, cœur, poumons, cerveau, thyroïde, reins...) ainsi que certaines pathologies (infections, tumeurs...).

Les actes thérapeutiques utilisent des radionucléides de haute énergie (de l’ordre du MeV), émetteurs b- ou b- et g, avec pour but l’irradiation spécifique de certains
tissus, entraînant le blocage des processus de division cellulaire puis la mort cellulaire. Les principales pathologies traitées sont les affections thyroïdiennes, les arthrites rhumatoïdes, les douleurs osseuses métastatiques.


Les radionucléides les plus fréquemment utilisés sont :

 Le technétium 99m (99mTc), facilement disponible grâce au générateur 99Mo/99mTc, qui peut être administré sous forme de pertechnétate de sodium ou fixé sur différents vecteurs pour des actes diagnostiques.

 Les radio-isotopes de l’iode : l’iode 123, utilisé pour des actes diagnostiques, l’iode 131, utilisé pour des actes diagnostiques et thérapeutiques.

 D’autres radionucléides, tels que par exemple le thallium 201 pour l’étude de la perfusion myocardique, le chrome 51 pour le marquage des hématies ou l’exploration rénale, l’indium 111 pour les explorations hématologiques, le gallium 67 dans la détection scintigraphique des foyers infectieux, le xénon 133 et le krypton 81m dans les explorations de la ventilation pulmonaire.


Ce Dossier du CNHIM comprend deux parties.


La première partie présente des informations théoriques sur le cadre juridique, la physique nucléaire ainsi que des données pratiques sur les préparations radiopharmaceutiques, leurs contrôles de qualité et les mesures de radioprotection à prendre vis à vis du patient, du personnel et de l’environnement.


La seconde partie comprend des fiches spécifiques (monographies) relatives aux médicaments et produits radiopharmaceutiques, décrivant leurs caractéristiques (pharmaceutiques, physico-chimiques, pharmacocinétiques, dosimétriques...) ainsi que leurs utilisations.

Ces monographies sont réparties en 5 catégories :

 les trousses et médicaments radiopharmaceutiques à usage diagnostique,

 les trousses et médicaments radiopharmaceutiques à usage thérapeutique,

 les générateurs et nébuliseurs,

 les précurseurs,

 les marquages cellulaires isotopiques.


Dans chaque catégorie, les monographies sont classées par ordre alphabétique. La première est précédée de tableaux présentant, par organe ou fonction, les différents médicaments radiopharmaceutiques utilisés. Lorsqu’un même médicament est fabriqué par plusieurs laboratoires, les données ont été synthétisées.


Ces monographies ont été réalisées à partir des RCP français ou européens que les laboratoires fabricants ont accepté de diffuser. Il s’agit d’un travail d’auteur traduisant les données de l’AMM et les pratiques professionnelles. Ce n’est donc pas un reflet exhaustif des AMM. Pour quelques unes d’entre elles, certains items restent peu ou non renseignés. Les techniques de marquage cellulaire isotopique rapportées sont issues soit des RCP, soit des données scientifiques de la littérature, soit de l’expérience pratique des auteurs.


Les références bibliographiques citées dans les monographies, sont toutes regroupées dans une bibliographie commune spécifique. D’autres références d’intérêt général sont également disponibles, articles de synthèse concernant la réalisation d’un examen ou le choix d’un médicament radiopharmaceutique par exemple.


Abstract Radiopharmaceutical drugs


Radiopharmaceutical drugs contain artificial radioelements, or radionuclides, for diagnostic or therapeutic uses.


These radionuclides could be used in a simple chemical form or linked to organic molecules, monoclonal antibodies, colloid particles (macro aggregates) or blood cells. They are presented ready to use or in kits, precursors or generators for radiopharmaceutical preparations.


Radiopharmaceutical drugs have specific characteristics:

 they are used in diagnostic and in therapeutic indications,

 they are often administered in a single way and in small quantities,

 fabrication lots have a small size,

 the drug utilization duration could be very short (few minutes to few days) due to the physical period of the radionuclide,

 diagnostic tests or scintigraphic explorations use pure gamma ray emitters or beta-gamma ray emitters which have a gamma energy emission usually contained between 70 and 511 keV.


The radionuclides which are mostly often used are the technetium (99mTc) (for diagnostic), the sodium (123I) iodine (for diagnostic), and the sodium (131I) iodine (for diagnostic and therapeutic). Others are thallium (201Tl) chloride (myocardium perfusion), sodium (51Cr) chromate (radiolabelled red blood cells), indium (111In) chloride (haematological exploration), gallium (67Ga) citrate (infectious foyer), xenon (133Xe) and  krypton (81mKr) (pulmonary ventilation exploration).


This Dossier du CNHIM is organised in two parts:


1- General information on legislation, nuclear physics, radiopharmaceutical preparation, quality control, choice criteria of a radiopharmaceutical drug, pharmacovigilance, protective measures and general bibliographic references.

2- Drugs monographs including drugs used for diagnosis and for therapeutics kits, generators, precursors and isotope labellings. Bibliographic references are grouped at the end.

Keywords : generator, ioded radio-isotope, nebulisor, precursor, radionuclide, radiopharmaceutical drug, radioprotection, technetium-99m