
2003, XXIV, 6
Escarres, ulcères, pied diabétique :Pansements et biomatériaux.
Aide à la cicatrisation
1. Introduction
2. Généralités :
2.1. Les plaies
2.2. La cicatrisation
2.3.
Evaluation des plaies
2.4.
Définitions
2.5.
Epidémiologie
2.6. Ethiopatogénie
2.7. Facteurs de risque
2.8. Complications
2.9. Grands principes de prévention
2.10. Spécificités des dispositifs médicaux
3. Les alginates
4. Pansements au charbon et/ou à l'argent
5. Pansements hydrocellulaires
6. Pansements hydrocolloïdes
7. Hydrogels
8. Hydrofibres
9. Pansements gras et interfaces
10. Matrice à effet antiprotéases : promogran ®
11. Pansements à base d'acide hyaluronique
12. Facteurs de croissance cellulaire : bécaplermine
13. Autres pansements
14. Résumé des principales
caractéristiques des différents types de pansements
:
14.1. Composition, propriétés, indications et
contre-indications
14.2. Effets indésirables communs aux différents
pansements
15. Stratégie thérapeutique
16. Conclusion
Résumé
Les plaies chroniques traitées dans cet
article regroupent les escarres, les ulcères de jambe et les ulcères du “pied
diabétique”. La cicatrisation se déroule en 4 phases : nécrose, détersion,
bourgeonnement et épithélialisation.
Afin de déterminer le niveau de cicatrisation d’une plaie et d’apprécier
l’efficacité d’un traitement, différentes classifications cliniques ont été
mises au point. Des techniques plus ou moins sophistiquées de mesure de la
surface ou du volume de la plaie existent. En pratique, la mesure de la surface
se fait avec un calque double face.
L’escarre est une lésion cutanée d’origine ischémique liée à une compression des
tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses. L’ulcère de jambe est
une une plaie située sous le genou n’ayant pas cicatrisé spontanément, en
général d’origine veineuse. Le “pied diabétique” est une conséquence de
complications vasculaires et neurologiques du diabète au niveau des pieds.
La prévention des escarres est une véritable priorité. Elle repose sur l’emploi
de supports anti-escarres, la mobilisation du patient, sa mise en décubitus
dorsal ou semi-latéral droit et gauche, la kinésithérapie, le maintien de
l’hygiène de la peau, l’effleurage ainsi que l’éducation du patient et de sa
famille. Les mesures de prévention des ulcères de jambe concernent
essentiellement le traitement étiologique de la maladie veineuse, le traitement
de la plaie et le traitement de l’artérite.
Le dépistage systématique des diabétiques à risque de présenter une ulcération
du pied est essentiel.
Aujourd’hui, le traitement des plaies chroniques repose sur l’application de
pansements capables de créer ou maintenir un milieu humide, d’absorber l’excès
d’exsudat et de protéger la plaie d’infections secondaires. Le milieu humide
maintenu au contact de la plaie permet de ramollir le tissu nécrotique et
facilite ainsi son élimination mais ne dispense pas de la détersion. La capacité
d’absorption des pansements humides permet une détersion plus rapide de la plaie
; en outre, le dessèchement de la plaie, qui mènerait à l’inhibition de la
prolifération cellulaire, peut ainsi être évité pendant tout le temps nécessaire
à la guérison.
Les pansements dits hydroactifs - alginates, charbon/argent, hydrocellulaires,
hydrocolloïdes, hydrogels, hydrofibres, interfaces et pansements gras, matrice
cellulose oxydée/collagène, acide hyaluronique - ainsi que l’emploi de gel
contenant des facteurs de croissance, constitueraient un progrès au niveau de
l’efficacité et de la mise en œuvre du traitement humide. Le choix du pansement
dépend du stade, de la localisation, de la taille et de la profondeur de la
plaie ainsi que de l’état de la peau péri-lésionnelle.
Le traitement des escarres repose sur le recouvrement de la plaie par un
pansement permettant de maintenir un milieu local favorisant le processus de
cicatrisation spontanée.
En dehors du traitement thérapeutique systémique adapté, deux grands principes
régissent le traitement local de l’ulcère de jambe : le respect de l’écosystème
bactérien et le maintien d’un milieu humide favorable à la cicatrisation.
Les mesures locales prises en cas de “pied diabétique” ont trois impératifs :
décharger la plaie, la débrider et la recouvrir.