
SOMMAIRE
EFFETS INDESIRABLES
Diabète insipide néphrogénique d'origine
médicamenteuse
(IN)COMPATIBILITES
PHYSICOCHIMIQUES
- Chlorhydrate de tropisétron - glucose 5% - chlorure de sodium 0,9%
- Amphotéricine B - sulfate de cefpirome - chlorure de sodium 0,45% et 0,9%,
glucose 5% ou Ringer lactate glucose
- Dinitrate d’isosorbide - furosémide
INTERACTIONS
MEDICAMENTEUSES : ACTUALITES
- Stiripentol et médicaments torsadogènes
- Méthadone et fluvoxamine
EFFETS INDESIRABLES

Le diabète
insipide est un déficit en vasopressine, encore appelée hormone antidiurétique (ADH).
Cette hormone est synthétisée dans l’hypothalamus et secrétée dans la
circulation périphérique via la neurohypophyse. La sécrétion d’ADH est régulée
par les variations de l’osmolalité plasmatique et de la volémie. Elle a une
action antidiurétique (récepteurs V2 rénaux), vasopressive (récepteurs V1
vasculaires) et plaquettaire (récepteurs V2 plaquettaires). Son mode d’action
consiste à insérer dans la membrane apicale du tube rénal, des canaux à eau (aquaporine
de type 2) qui permettent la résorption d’eau par équilibre osmotique avec l’interstitium
rénal hypertonique (1).
Le diabète insipide est une pathologie caractérisée par une polydypsie et une
polyurie. On distingue selon l’étiologie le diabète insipide central, lié à une
pathologie hypothalamo-hypophysaire et donc sensible à l’ADH, du diabète
insipide néphrogénique. Celui-ci peut résulter d’une anomalie non spécifique du
gradient osmotique (néphropathie interstitielle, quelle qu’en soit la cause) ou
d’une anomalie spécifique de la réponse cellulaire à l’ADH, au niveau du
récepteur V2 ou de l’effecteur (aquaporine).
La majorité des diabètes insipides néphrogéniques sont des pathologies
congénitales liées à l’X, et secondaires à une mutation du récepteur V2 de l’ADH
(2).
Des tableaux de diabète insipide néphrogénique ont été décrits avec certains
médicaments : l’amphothéricine B, l’amrinone, le cidofovir, la déméclocycline,
le foscarnet, le lithium*, l’ofloxacine, la primidone.
* effets indésirables mentionnés dans le RCP : polydypsie, polyurie, trouble de
la concentration urinaire.
Amphotéricine
B
L’amphotéricine B peut induire une
forme de diabète insipide néphrogénique le plus souvent réversible à l’arrêt du
traitement (3). Plusieurs cas ont été rapportés dans la littérature (4-7). Le
mécanisme de ce diabète semble être lié à une toxicité tubulaire rénale de l’amphotéricine
B.
Chez un patient ayant développé un diabète insipide après traitement par
amphotéricine B, des concentrations élevées de prostaglandines E2 ont été
observés (8). Elles ont été impliquées dans la pathogénèse de cet effet
indésirable. L’indométacine a été utilisée comme traitement (effet
antidiurétique) et les taux de PGE2 se sont normalisés (8).
Deux patients traités par amphotéricine B pour des mycoses profondes ont
développé une polyurie et une polydypsie. Aucun des 2 patients ne pouvait
concentrer son urine lors de test de privation hydrique ou d’apport exogène de
vasopressine. Trois mois après l’arrêt du traitement par amphotéricine B, les
tests de concentration urinaire sont revenus à la normale.
Un cas de diabète insipide néphrogénique a été rapporté chez un garçon de 12
ans, qui a présenté une polydypsie et une polyurie. Un traitement par hormone
antidiurétique associé à un diurétique a permis de diminuer significativement la
polyurie et d’améliorer les symptômes associés (9).
Amrinone
Des cas de diabète insipide
néphrogénique ont été rapportés (10).
Cidofovir
Un cas de diabète insipide a été
rapporté chez un patient traité par cidofovir (11).
Déméclocycline
Des cas de diabète insipide
néphrogénique avec la déméclocycline ont été rapportés (10, 12). Ce médicament a
été proposé pour le traitement de la sécrétion inappropriée d’ADH, grâce à son
action antagoniste de l’action de l’ADH sur le tubule rénal (13).
Foscarnet
Quelques cas de diabète insipide
néphrogénique ont été associés à un traitement par foscarnet (14-15). Un cas
publié associe diabète insipide et acidose tubulaire rénale (16).
Lithium
Le lithium peut altérer les fonctions
de concentration du rein (10). Ce phénomène est d’abord réversible mais peut
devenir irréversible indiquant une altération structurale tubulaire. Selon les
études, plus de 50% des patients traités présenteraient à un moment ou un autre
du traitement des anomalies de l’osmolalité. On distingue plusieurs anomalies :
- en début de traitement, effet direct du lithium sur la soif (donc effet
central) avec augmentation de la sensation de soif et polyurie,
- diabète insipide néphrogénique (effet aigu et réversible du lithium) lié à une
diminution de l’effet cellulaire périphérique de l’ADH impliquant la voie de l’AMPc
par une diminution de l’expression des aquaporines de type 2 nécessaires à la
réabsorption de l’eau dans le canal collecteur. Un diabète insipide
néphrogénique apparaît chez 5 à 20 % des patients traités par lithium au long
cours (17). La polyurie associée disparaît en 3 semaines après arrêt du
traitement mais peut également persister plus d’un an.
- lésions toxiques directes rénales irréversibles (néphropathie interstitielle).
- à l’arrêt du lithium, hypernatrémie persistante liée à un trouble de la soif,
chez quelques patients.
Des concentrations élevées de prostaglandines E2 ont été retrouvées chez des
patients présentant un diabète insipide induit par le lithium. Elles ont été
impliquées dans la pathogénie du syndrome (8).
Un traitement par l’indométacine (50 mg toutes les 8 heures) permet d’améliorer
les symptômes (17). L’indométacine inhibe la synthèse des PGE2 dans les cellules
tubulaires rénales et augmente leur sensibilité à l’ADH.
Le cas d’une femme enceinte maniaco-dépressive traitée par lithium et ayant
développé un poly-hydramnios au cours du troisième trimestre a été rapporté. Le
lithium traversant le placenta, il pourrait entraîner une polyurie fœtale
responsable d’un poly-hydramnios (18).
Ofloxacine
Le cas d’un diabète insipide induit par
l’ofloxacine a été rapporté (19). Un homme de 25 ans a développé après 5 jours
de traitement par ofloxacine une polyurie (> 20 litres/jour) associée à une soif
intense (urine : 264 mOsmol/kg et excrétion urinaire de sodium : 286 mmol/jour).
Après arrêt de l’ofloxacine, la polyurie et la polydypsie se sont normalisées en
36 heures. L’ofloxacine a été réintroduite (400 mg par jour) ; les symptômes de
polyurie et de polydypsie sont réapparus.
Le mécanisme de cet effet indésirable n’est pas clair. L’ofloxacine est une
fluoroquinolone, qui subit une défluoridation produisant du fluorure libre parmi
d’autres métabolites. L’administration de fluorure ou son relargage par un agent
anesthésique comme le méthoxyfluorane est connu pour causer une altération de la
fonction rénale ressemblant à un diabète insipide néphrogénique (20-21).
Le patient traité par ofloxacine avait précédemment reçu de la gentamicine. La
gentamicine associée à du fluorure est connue pour induire une néphrotoxicité.
Il a été établi que ces effets sont dus à une activation des protéines G servant
d’intermédiaires entre les récepteurs des membranes et les systèmes effecteurs
tels que les enzymes intra cellulaires et les canaux ioniques. Ces protéines
sont notamment couplées aux récepteurs à la vasopressine (22-24).
Primidone
La primidone est partiellement
métabolisée en phénobarbital, qui est responsable de ses principaux effets
pharmacologiques et effets indésirables. La primidone peut néanmoins causer
diverses réactions idiosyncrasiques, notamment un syndrome ressemblant au
diabète insipide (10).
Références
bibliographiques :
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: association with an increased level of G(qalpha) expression. Pharmacol Exp
Ther 2000 ; 292 (2) : 761-8.
(IN)COMPATIBILITES
PHYSICOCHIMIQUES
FICHE
COMPATIBILITE : chlorhydrate de tropisétron - glucose
5% ou chlorure de sodium 0,9%
La dilution de chlorhydrate de
tropisétron à la concentration de 50 mg/l, dans une solution de glucose à 5 %
ou de chlorure de sodium à 0,9 % est visuellement compatible* 90 jours après
conservation à 4°C ou à -20°C, dans un contenant en PVC ou en polyéthylène.
Après examen par CLHP, il n'est pas noté de perte de tropisétron après 90
jours.
Réf. : Georget S, Vigneron J, Blaise N
et al. Stability of refrigerated and frozen solutions of tropisetron in either
polyvinylchlorure or polyefin infusion bags. J Clin Pharm Ther 1997 ; 22 :
257-60.
* toute dilution ou mélange décrit(e) comme visuellement ou physiquement
compatible implique une confirmation par un dosage de la (des) substance(s)
active(s) concernée(s).
Chlorhydrate de tropisétron IV :
NAVOBAN® 2MG/2ML SOL INJ
NAVOBAN® 5MG/5ML SOL INJ
En bref
Chlorhydrate de tropisétron : 50mg/l
Vecteur : glucose 5% ou chlorure de sodium 0,9%
Contenant : PVC ou polyéthylène
COMPATIBLE
Nature : observation visuelle
Dosage : CLHP
Durée, délai : 90 jours
Température : 4°C ou - 20°C
Lumière : pas d’information
FICHE
INCOMPATIBILITE : amphotéricine B - sulfate de cefpirome - chlorure de sodium
0,45% et 0,9%, glucose 5% ou Ringer lactate glucose
Le mélange des solutions d'amphotéricine
B et de sulfate de cefpirome, diluées respectivement à 0,1 mg/ml et 50 mg/ml
dans une solution de chlorure de sodium à 0,45 % ou 0,9 %, dans du glucose à 5
% ou du Ringer lactate glucose, administrées à l'aide d'un système d'injection
en Y (mélange : 1/1), est incompatible.
S'il n'est pas noté, ou peu, de perte de cefpirome, la dégradation de l'amphotéricine
B mesurée par CLHP peut atteindre 45 % au bout de 4 heures après conservation
à 23°C.
Réf. : Allen LV Jr, Stiles ML, Prince
SJ et al. Stability of cefpirome sulfate in the presence of commonly used
intensive care drugs during simulated Y-site injection. Am J Hosp Pharm 1995 ;
52 : 2427-33.
Amphotéricine B IV :
FUNGIZONE® 50MG PDR INJ
Sulfate de cefpirome IV :
CEFROM® 0,5G/5ML IV PDR ET SOL INJ
CEFROM® 1G/10ML IV PDR ET SOL INJ
CEFROM® 2G/20ML IV PDR ET SOL INJ
En bref
Amphotéricine B : 0,1mg/ml
Sulfate de cefpirome : 50mg/ml
Vecteurs : chlorure de sodium 0,45% et 0,9%, glucose 5%, Ringer lactate glucose
INCOMPATIBLE
Nature : dégradation
Durée, délai : 4 heures
Température : 23°C
Lumière : pas d’information
FICHE
COMPATIBILITE : dinitrate d’isosorbide – furosémide
Le mélange des solutions de dinitrate
d'isosorbide et de furosémide, à la concentration de 1 g/l est physiquement
compatible* pendant 72 heures après conservation à 15°C et à 30°C.
Réf. : Beatson C, Taylor A. A physical
compatibility study of frusemide and flucloxacilllin injections. Br J Pharm
Pract 1987 ; 9 : 223-6.
* toute dilution ou mélange décrit(e) comme visuellement ou physiquement
compatible implique une confirmation par un dosage de la ou (des) substance(s)
active(s) concernée(s).
Dinitrate d’isosorbide IV :
RISORDAN ® SOL INJ
Furosémide IV :
FUROSEMIDE DAKOTA® 20MG/2ML SOL INJ
FUROSEMIDE DAKOTA® 250MG/25ML SOL INJ
FUROSEMIDE RENAUDIN® 20MG/2ML SOL INJ
LASILIX ® 20MG/2ML SOL INJ
LASILIX ® 250MG/25ML SOL INJ
En bref
Dinitrate d’isosorbide : 1g/l
Furosémide : 1g/l
COMPATIBLE
Nature : examen physique
Durée, délai : 72 heures
Température : 15°C ou 30°C
Lumière : pas d’information
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES : ACTUALITES
NOUVELLES :
-
Stiripentol et certains médicaments torsadogènes
Il est contre-indiqué d'associer le stiripentol (DIACOMIT®, disponible avec
ATU) et certains médicaments torsadogènes : cisapride (PREPULSID®), halofantrine
(HALFAN®), pimozide (ORAP®), quinidine (quinidine arabogalactane sulfate,
quinidine bisulfate, quinidine chlorhydrate, quinidine gluconate, quinidine
polygalacturonate), bépridil (CORDIUM®, UNICORDIUM®), médicaments à marge
thérapeutique étroite, en raison du risque majoré de troubles du rythme
cardiaque, notamment d'apparition de torsades de pointes.
Le mécanisme de cette interaction correspond à l'inhibition du métabolisme
hépatique du torsadogène (substrat du CYP3A4) par le stiripentol (inhibiteur du
CYP3A4).
Tous les substrats du CYP3A4 présentant une marge thérapeutique étroite sont
donc contre-indiqués avec le stiripentol.
Réf. : GTIAM n°50 (3 décembre 2001).
-
Méthadone et fluvoxamine
L'association de la méthadone (METHADONE CHLORHYDRATE AP-HP®) et
de la fluvoxamine (FLOXYFRAL®), se traduisant par une augmentation des
concentrations plasmatiques de méthadone avec signes toxiques, demande de
prendre certaines précautions d'emploi.
Le mécanisme de cette interaction correspondrait à la diminution du métabolisme
hépatique de la méthadone (dont les deux énantiomères sont des substrats du
CYP1A2) par la fluvoxamine (inhibiteur puissant du CYP1A2).
Parmi les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, seule la fluvoxamine
présente cette interaction avec la méthadone.
Il convient :
- d'une part de renforcer la surveillance clinique,
- d'autre part de contrôler les concentrations plasmatiques de méthadone, et en
cas d'apparition de signes de toxicité d'en adapter la posologie, pendant et
après le traitement par la fluvoxamine.
Réf. : GTIAM n°50 (3 décembre 2001).
CNHIM 2002 - Parution
trimestrielle
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